Guide cordiérite

Cordiérite

Guide cordiérite

Cordiérite

Provenances

Les provenances nous invitent au voyage, découvrons celles de la cordiérite. Sur le continent nord-américain il existe plusieurs sites miniers. Aux Etats-Unis, dans les Etats d’Alaska et du New-Hampshire des cordiérites sont extraites. Au Canada, c’est en Colombie Britannique qu’il faut aller pour découvrir ces pierres fines. Sur le continent sud-américain, au Brésil dans les états du Paraibà et du Minas Gerais des mines de cordiérites sont exploitées. Sur le continent européen, l’Autriche et la Norvège proche de Kragerö possèdent des sites exploités où des cristaux de cordiérites sont observés. Peut-être même le site autrefois exploité par les Vikings ? Sur le continent asiatique, l’Inde, le Myanmar et surtout le Sri-Lanka avec son gravier gemmifère fournissent des cordiérites de belle qualité gemme. Sur le continent africain, c’est l’île de Madagascar qui pourvoit en cristaux de cordiérite. En Océanie, une grande et autre île, l’Australie avec les Territoires du Nord exploite des mines d’où des cordiérites sont extraites.

Etymologie - Légende

C’est en 1813, que le minéralogiste Henri Lucas rend hommage à Pierre-Louis Cordier, minéralogiste et géologue en créant ce nom cordiérite. En effet elle a été décrite pour la première fois en 1809 sous le nom de dichroïte par Pierre-Louis Cordier. Ce savant la nomme ainsi car elle présente un pléochroïsme caractéristique. Selon les axes ou orientations d’observation à l’œil nu, une couleur bleue est plus accentuée, ou violette ou encore jaune à incolore. Les anglo-saxons la désignent comme Iolite. Le terme grec ion signale la couleur violette de la fleur et lithos définit le mot pierre. C’est une appellation internationale. Et parfois une fallacieuse appellation lui est attribuée « saphir d’eau », notamment au Sri Lanka en raison de cette couleur qui peut rappeler celle du saphir. Les anciens attribuaient aux pierres une origine surnaturelle et toutes sortes de pouvoirs, découvrons ici certaines de ces histoires. De la découverte vers 1960 de sites archéologiques confirmant l’implantation de comptoirs Vikings en Amérique du Nord à l’énigme autour de la « pierre de soleil de Vikings », il y a de nombreuses interrogations. Ici nous essayerons de comprendre comment ces navigateurs sont-ils parvenus, dès l’an mil, à faire voile en haute mer sans instruments de navigation d’Est en Ouest. Une saga rédigée par Olaf Tryggvason, nous apporte une réponse dans sa chronique datant du XII et XIIIème siècle. Il parle de « pierre de soleil », pierre magique que les marins manipulaient pour connaître invariablement la position du soleil, et même si par gros temps l’astre lumineux était caché. Aucune cordiérite ne fut trouvée lors de fouilles. Par contre des cristaux de calcite, présents en quantité en Islande, ont été identifiés. La calcite a un synonyme le Spath d’Islande doté de certaines propriétés optiques. Les Vikings ignorent que la lumière qui parvient verticalement au sol est polarisée. Ils ignorent que le champ électromagnétique est orienté d’une certaine manière. Ils ignorent que de cette orientation dépend systématiquement la position du soleil. Cependant ils avaient compris que regarder le ciel à la verticale à travers ce cristal de calcite sélectionnait les rayons lumineux et donc la position du soleil. La calcite fut leur boussole, par temps clair, par temps couvert et même avec la lumière du crépuscule. Mais d’où vient cette croyance autour de la cordiérite alors ? Est-ce parce que cette gemme présente un fort pléochroïsme avec la couleur jaune ? Est-ce parce qu’il y a des cordiérites en Norvège ? Mais ce n’est pas elle qui guida les marins sur l’océan.

Propriétés gemmologiques

Les propriétés gemmologiques servent à identifier les gemmes. Ces propriétés se structurent autour de trois items : propriétés chimiques, optiques et physiques. Nous ne passerons pas en revue toutes ces différentes propriétés. Cependant il nous semble intéressant d’en préciser certaines. Une propriété importante la valeur de l’indice de réfraction compris entre 1,532 et 1,565. La biréfringence complète cette notion dont la valeur est comprise entre 0,008 et 0,014. L’éclat de cette pierre fine est décrit comme étant vitreux. La dureté définie par l’échelle de Mohs, est de 7,5. La densité définie par la poussée d’Archimède est comprise entre 2,57 et 2,66. La cordiérite affiche un pléochroïsme très fort composé de la couleur bleue, violette et jaune à incolore. Néanmoins des inclusions de pinite, variété de mica, tels des petits flocons blanchâtres peuvent se former lors de sa cristallisation. Des inclusions en forme de plaquettes rougeâtres, hématite et ou goethite souvent, parsèment et colorent la gemme.

Famille – Couleurs

La cordiérite est une gemme et une famille minéralogique à elle seule. Sa couleur bleu-violet peut aussi être perçue comme étant violet-bleu. Il n’y a pas à proprement parler d’autres couleurs de cordiérite. Mais plutôt des gemmes qui présentent des inclusions d’hématite en grand nombre, dont la couleur rouge-orangée, sont le lien pour la nommer « bloodshot cordiérite ». L’hématite est un oxyde de fer qui se présente sous la forme de fines et très plates inclusions. Un phénomène d’aventurescence est alors décrit. Des publications scientifiques font référence à des spécimens de cordiérite présentant un phénomène de chatoyance et autres affectant un astérisme.

La taille

La cordiérite est généralement taillée à facettes, mais aussi en cabochon ce qui permettra de la valoriser lorsqu’elle n’est pas de grande qualité. Obtenir des cristaux taillés de plus de 10 carats est rare. Il n’y a pas de difficultés particulières pour le lapidaire si ce n’est de bien placé, orientée la couleur bleue ou violette dans le sommet de la gemme. Cependant, le facettage cumulé de l’orientation de la couleur jaune à incolore du pléochroïsme permettra d’obtenir des gemmes jaunes à incolores.

Musée – Objets d’exception

Quelques spécimens seront décrits ici. Des publications relevées dans la revue Gems and Gemology, nous informent de la découverte en 2015 des cristaux insolites de cordiérites rouge-orangées foncées dans le sud-est de Madagascar.

Traitements possibles

Le traitement des gemmes sert à l’amélioration de celles-ci. Ici pour la cordiérite, il n’y a pas de traitements constatés. De très rares cas de teintures par les fissures de gemmes peu colorées ont pu être pratiqués.