Guide rubis

Rubis

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Rubis

La connaissance, l’étude, l’utilisation du rubis est à la fois très ancienne et très contemporaine. Une évolution importante dans le marché des rubis s’observe à partir de 1980. Ce tournant est défini par les découvertes des gisements en Afrique de l’Est, et la modernisation ou l’apparition des traitements pratiqués sur cette pierre précieuse. Le marché des gemmes et notamment du rubis est à haut potentiel économique. Ces nouveaux traitements, des confits géopolitiques peuvent ternir l’image des gemmes. Les études constantes de l’amélioration des gemmes, des nouveaux gisements favorisent l’évolution des outils d’identification. La caractérisation de la provenance, de la modification de la gemme suite à un traitement sont des enjeux majeurs pour les laboratoires de gemmologie autour des corindons rubis ou saphir.

Provenances du rubis

Les provenances nous invitent au voyage, découvrons celles du rubis. Partir sur les traces du rubis, c’est un périple spatio-temporel vaste et enrichissant. Le rubis est présent sur tous les continents. Nous abordons les provenances historiques, récentes. L’Asie, continent composé de nombreux pays est un vaste plateau minéralogique. Le rubis est présent dans de nombreux états, Viêt-Nam, Cambodge, Laos, Chine. Nous nous arrêtons au Myanmar et en Thaïlande. Myanmar ou Birmanie est une provenance historique lorsque l’on évoque le rubis. L’extraction  est pratiquée depuis un millénaire. Les gisements sont situés dans la vallée de Mogok à 1500 mètres d’altitude au nord-est de la ville de Mandalay. De cette région a été extraite pendant certaines périodes près de 90% de la production mondiale pendant plusieurs décennies. Une tradition : La Kanase La tradition des Kanase est spécifique à la Birmanie. Elle vient d’une ancienne coutume royale qui autorisait les femmes du village à récupérer librement les rejets de chaque mine. Cette tradition est toujours vivante et permet aux gens modestes du village de travailler et d’avoir un revenu en récupérant ces gemmes qui ont échappé aux machines et aux surveillants. Cette autorisation viendrait du fait que seules les femmes étaient autorisées à se baisser pour trier les pierres. Depuis le début des années 1990, puis au début des années 2000, deux nouvelles sources de rubis ont été découvertes dans le pays. Elles sont situées à Mong Hsu et Nanyaseik cependant la qualité des pierres est moins flatteuse. Thaïlande : Les premières traces de gemmes provenant du Royaume du Siam (aujourd’hui Thaïlande depuis 1949) datent du XV siècle. L’exploitation était fleurissante jusqu’en 1907, date à laquelle le Siam dû céder sa mine de Paillin dorénavant située au Cambodge. Le gisement de Chantaburi est à proximité. Ces gisements, anciennement connus des populations locales, ont été redécouverts au XIX siècle. Dans les années 1990, ils fournissent, en masse, près du tiers de la production mondiale. En Afrique, c’est en Afrique de l’Est que le rubis est extrait. Il est présent dans de nombreux pays, Tanzanie, Kenya, Mozambique, Malawi. Ces gisements sont qualifiés de récents, même si la connaissance de la présence de rubis peut dater du début du XXème siècle. En effet il faut attendre les années 1990 pour voir apparaître ces gemmes sur les marchés internationaux. Ces nouvelles provenances orientent désormais le marché du rubis vers l’Afrique de l’Est. En Tanzanie, les découvertes minières s’échelonnent des années 1990 à la fin des années 2000. Tunduru, Songea, Winza sont les localités tanzaniennes associées aux rubis parfois avec des saphirs et des saphirs de couleur. Au Mozambique, peu d’intérêt pour le rubis avant la découverte en 2008-2009 de pierres dans la réserve naturelle de Niassa. Courant 2009, c’est le site de Montepuez qui est découvert et exploité. Un grand nombre de ces gemmes provenant d’Afrique de l’Est sont traitées afin d’améliorer leur couleur, leur transparence, leur pureté. Madagascar, la richesse minéralogique de l’île est bien connue, les gisements du rubis sont localisés dans différentes provinces. Cette répartition s’étend au nord du centre, au centre et au sud du pays. Bien que décrits au début du XXème siècle, des découvertes de gisements de rubis sont très récentes. Au Groenland, les rubis ont été découverts en 1966. Depuis 2004, l’exploitation située dans le sud-ouest de l’île est une source de  rubis et de saphirs roses.

Etymologie - Légende

Le latin rubeus signifiant rouge donna son origine au terme rubis. Les anciens attribuaient aux pierres une origine surnaturelle et toutes sortes de pouvoirs, découvrons ici certaines de ces histoires. Les rubis sont «Doués de la puissance illuminatrice du soleil, les rubis dérivés du cristal, s’ils sont de bonne qualité, projettent au loin des faisceaux de rayons qui colorent tous les alentours. Les uns ont une nuance mêlée de carmin et d’indigo, une teinte pareille à la rougeur du ciel matinal.» extrait du livre L’empire des perles et des pierres précieuses.

Propriétés gemmologiques du rubis

Les propriétés gemmologiques servent à identifier les gemmes. Ces propriétés se structurent autour de trois items : propriétés chimiques, optiques et physiques. Nous ne passerons pas en revue toutes ces différentes propriétés. Cependant il nous semble intéressant d’en préciser certaines. Une propriété importante la valeur de l’indice de réfraction compris entre 1,759 à 1778. La biréfringence complète cette notion dont la valeur est comprise  entre 0,008 à 0,010. L’éclat de cette pierre fine est décrit comme étant vitreux à subadamantin. La dureté définie par l’échelle de Mohs, est de 9. La densité définie par la poussée d’Archimède est comprise entre 3,80 à 4,05. La diversité d’inclusions peut paraître complexe cependant elles aident grandement dans l’identification de cette coûteuse pierre précieuse. De nombreuses inclusions peuvent être observées dans le rubis. Les inclusions  présentées sont les plus courantes classées par types d’inclusions. Les cristaux positifs : rutile, bohémite, apatite, spinelle, chromite, zircon, calcite. Les cristaux négatifs : Inclusions 2 phases, plans de givres en aile de papillon, alignements de cristaux négatifs. Les particularités de croissance : zones de croissance droites ou en chevrons, plans de macle, coloration irrégulière. Parfois des inclusions caractérisent des provenances n’étant cependant pas exclusives. Les aiguilles de rutile dans les rubis du Myanmar peuvent donner un aspect légèrement trouble, soyeux à la gemme. Les aiguilles de bohemite sont souvent associées à la provenance Thaïlande. L’observation d’un effet lumineux sous la forme d’une étoile à six branches ou de chatoyance  est du à la présence importante d’aiguilles de rutile et à la forme cabochon de la pierre. Il existe des rubis trapiches, sorte d’« étoile » constituée de six bras squelettiques et de six secteurs de croissance s’étant développés à des vitesses différentes.

Famille – Couleurs

La famille minéralogique de rubis est le corindon, nous élargirons cette famille au saphir et aux saphirs de couleur jaune, vert, violet, orangé, padparadsha, rose, brun, doré, incolore. Il faudra attendre le début du XIXème siècle pour comprendre que rubis et saphir forme la même famille. Le rubis est une pierre précieuse comme le sont le diamant, l’émeraude et le saphir. Le rubis présente une couleur rouge souvent associée à une sous-teinte. Sa couleur rouge s’étend du rouge-rose au rouge-orangé au rouge-violet au rouge-brun. Cependant la saturation recherchée est un rouge vif, lumineux avec une sous-teinte de couleur la plus nuancée possible. Evoquer la couleur du rubis, c’est faire référence à des provenances ainsi le rubis birman est décrit rubis couleur «  sang de pigeon », rouge vif lumineux avec une pointe de violet. Ailleurs au Myanmar les rubis extraits de Mong Hsu présentent une coloration violacée au centre, l’élimination et l’uniformisation de la couleur sont dues à un traitement thermique.

La taille

Le rubis est généralement taillé à facettes, mais aussi en cabochon, ce qui permettra de le valoriser lorsqu’il n’est pas de grande qualité. La formation géologique des gemmes permet une cristallisation de taille plus ou moins importante. Les contraintes de formation du rubis limitent sa croissance cristalline. Découvrir des cristaux de grandes tailles est exceptionnel, le rubis de plus de cinq carats est rare.

Musée – Objets d’exception

Quelques spécimens seront décrits ici. Une proposition de lecture est insufflée «La vallée des rubis», un livre de Joseph Kessel. Un rubis exceptionnel, le Sunrise Ruby pèse 25.59 carats, la couleur est qualifiée de « sang de pigeon ». Ce rubis est extraordinaire par sa taille. Il est excessivement rare de voir un rubis de cette qualité dans cette dimension. Il provient de la vallée de Mogok, située au Myanmar. La pierre est sertie sur une bague exécutée par la maison Cartier. Ce bijou est apparu lors d’une vente aux enchères de la maison Sotheby’s à Genève le 12 février 2015. Il a été adjugé à 30,33 millions de dollars (avec les frais), soit 27,3 millions d’euros.

Traitements possibles

Le traitement des gemmes sert à l’amélioration de celles-ci. Le traitement d’une gemme doit être signalé. La résistance du rubis face aux traitements et les améliorations constatées engendrent la diversité de traitements  effectués sur la gemme. Les améliorations recherchées sont la couleur, la transparence et la pureté du rubis. Le traitement ancestral car traditionnel est toléré, il n’est pas toujours décelable avec certitude même par les laboratoires de gemmologie. Les traitements thermiques modernes modifient la couleur et souvent les inclusions. Des traitements thermiques avec ajout de verre ou de béryllium dans la gemme sont effectués. Ces traitements sont parfois observables par les gemmologues et si un doute subsiste les laboratoires décèlent la modification. La rareté du rubis, la complexité de certains traitements, la valeur économique évidente engendrent des interrogations. Un certificat réalisé par un laboratoire de gemmologie limite les contrariétés.