Les provenances nous invitent au voyage, découvrons celles de l’opale. L’opale est une pierre gemme relativement courante. La sélection des provenances s’est faite autour de ressources minières historiques, contemporaines ou par goût pour certaines couleurs d’opales.
Australie : L’Australie est le premier producteur d’opale au monde. Il est souvent dit qu’environ 95 % des opales utilisées en bijouterie-joaillerie sont issues de mines australiennes. Le pays regorge de mines d’opales dispersées principalement dans le Grand Bassin Artésien formé par l’Etat du Queensland. Les Etats de la Nouvelle-Galles du Sud et d’Australie Méridionale possèdent également des mines d’opales. Les premières opales sont trouvées selon les Etats à la fin du XIXème siècle ou au début du XXème siècle. Ce sont des opales nobles qui sont extraites du sous-sol australien.
Hongrie : Ces gisements historiques sont situés dans l’actuelle République de Slovaquie. Jusqu’au XIXème siècle, cette provenance déjà connue par les Romains, est la seule à fournir des opales de joaillerie. Ces mines sont exploitées jusque vers 1920, la production ne fut jamais très importante.
Ethiopie : La découverte des gisements dans ce pays changea les routes d’échanges commerciaux. Les premières découvertes se situent dans les années 1990 dans la province du Shewa à Mezezo. Ces opales présentaient de risques de fractures et de déstabilisations, elles arrivent en 1993 sur le marché des gemmes. C’est la deuxième période de découverte faite en 2008 dans le Wollo qui suscita un vif intérêt pour l’opale d’Ethiopie.
Mexique : Ce sont les opales de feu qui proviennent de ce pays. Dans plusieurs états des gisements sont répertoriés, ils sont situés sur les hauts plateaux. Des découvertes archéologiques attestent de l’utilisation de ces opales par les Aztèques entre les XIVème et XVIème siècle.
Pérou : Les opales du Pérou sont des opales communes de couleur peu répandues, elles sont soit roses, bleues ou vertes. Les gisements sont en altitude dans le département d’Ica et d’Arequipa près de Nazca.
France : Des gisements d’opales ont été étudiés fin XIXème siècle, et documenté. Ces opales ne sont pas de qualité gemme. Voici quelques destinations locales à découvrir : Opale rose (Quincyite) de Quincy sur Cher (près de Bourges, Cher), Opale bleu-vert de Biot (Alpes-maritimes), Opale jaune-orange (Forchérite) de Saint-Nectaire (Auvergne).
C’est dans la langue sanscrite qu’il faut retrouver l’origine du nom opale avec upala qui signifie pierre précieuse. Le grec opallion et le latin opalus confirmèrent la racine du mot opale.
Les anciens attribuaient aux pierres une origine surnaturelle et toutes sortes de pouvoirs, découvrons ici certaines de ces histoires.
Une légende nous est parvenue : «L’Eternel, il y a fort longtemps, y métamorphosa en un fantôme nébuleux une très belle femme désirée par trois dieux jaloux. Pour qu’ils reconnaissent chacun son idole, Brahma lui donna son bleu céleste, Vichnou, l’éclat du Soleil et Shiva, son rouge flamboyant. Ainsi l’Eternel transforma une beauté éclatante en une ombre à laquelle il donna une nouvelle forme : l’opale ».Extrait du livre pierres précieuses, Edouard Gübelin.
Les propriétés gemmologiques servent à identifier les gemmes. Ces propriétés se structurent autour de trois items : propriétés chimiques, optiques et physiques.
Nous ne passerons pas en revue toutes ces différentes propriétés. Cependant il nous semble intéressant d’en préciser certaines. Une propriété importante la valeur de l’indice de réfraction compris entre 1,42 à 1,46. L’éclat de cette pierre fine est décrit comme étant vitreux. La dureté définie par l’échelle de Mohs, est de 5,5 à 6,5. La densité définie par la poussée d’Archimède est comprise entre 1,90 et 2,20.
Les inclusions dans les opales sont assez rares, de petites tailles et pas toujours identifiables. Néanmoins nous pouvons évoquer des cristaux positifs, des craquelures pouvant contenir des boues.
La famille minéralogique de l’opale est la silice, cependant une silice hydratée car l’opale peut contenir jusqu’à 20% d’eau, généralement comprise entre 4% et 9%. L’opale est une matière amorphe ou microcristalline c’est-à-dire sans forme géométrique définie, à l’opposé d’un cristal. Cette gemme s’est formée à partir d’un gel de silice qui laisse sa place à des billes de silice au fur et à mesure que l’eau s’évapore. Cette particularité la rend unique.
De nombreuses études scientifiques ont permis de préciser la structure cristalline de l’opale et ainsi décrire deux grands types d’opales.
Les opales qui nous dévoilent leur jeu de couleur, Play of color, sont qualifiées d’opales nobles.
Les opales qui n’exhibent pas ce jeu de couleur, Picture of common opal, sont qualifiées d’opales communes.
C’est l’organisation cristalline de l’opale qui est à l’origine de cette présence ou cette absence de ce jeu de couleur. Tentons de comprendre ces mécanismes complexes et naturels. Imaginons nos billes de silice parfaitement empilées et de dimensions homogènes, la lumière sera diffractée en pénétrant ce réseau tridimensionnel, le jeu de couleur sera visible. La variabilité des jeux de couleur est liée au diamètre des billes de silice accumulées en couche.
Maintenant, imaginons nos billes de silice empilées mais de dimensions variées et aléatoires, la lumière pénétrant ce réseau désorganisé sera diffusée, il n’y aura pas de jeu de couleur.
La couleur des opales nobles s’étend sur toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. D’autres catégories d’appréciation s’ajoutent à celui du jeu de couleur. Ces critères définissent la valeur marchande de l’opale principalement australienne. Cette énumération guide et permet de faire des choix : le type d’opale, l’éclat, la couleur du fond, la transparence, les motifs, les couleurs diffractées dominantes, l’épaisseur de la couche de couleurs. Ils sont extraits du livre « l’histoire de l’opale » de Andrew et Damien Cody.
Les opales des gisements éthiopiens présentent des particularités : notamment une couleur chocolat, des opales « arc-en-ciel », ou des racines de plantes fossiles incluent.
Les colorations des opales communes sont également très riches, nous vous guidons vers cette découverte car elles sont souvent inimaginées. Les couleurs sont le plus souvent dues à des inclusions minérales colorées. La coloration uniforme de l’opale commune sera privilégiée, bleue, rose, verte, jaune, ocre, orangée, blanche, violette.
L’opale de feu est une opale commune très recherchée, sa couleur orangé vif peut s’étendre d’un jaune-orangé vers un orangé-brun sombre.
La couleur bleue des opales du Pérou est due à des inclusions microscopiques contenant du cuivre.
L’opale est généralement taillée en cabochon ce qui permettra de la valoriser et beaucoup plus rarement à facettes. Le lapidaire devra optimiser le poids, la couleur quitte à donner une forme aléatoire à la pierre taillée. Cependant si le choix est de tailler un cabochon alors celui-ci devra présenter des critères le valorisant, à savoir : le dôme du cabochon bien arrondi, afin de respecter le jeu de couleur. Un cabochon trop plat risque de casser, un cabochon trop haut rend délicat son serti dans le bijou. De petits objets sont parfois réalisés en opale.
Quelques spécimens seront décrits ici.
La grande opale du roi Louis XVIII, pèse 77 carats, et est conservée au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. Nous pouvons l’admirer entourée de quarante-huit diamants sertis dans la monture réalisée pour l’impératrice Eugénie en 1853. Le roi Louis XVIII l’acquière en 1818, cependant c’est le roi Charles X l’arborera lors de son sacre en 1825.
Le Smithonian Institute reçu le don d’une opale de 75,30 carats en provenance d’Ethiopie en 2016. Cette gemme présente un aspect en « tâches de doigt » en réalité des colonnes verticales dans la structure de l’opale.
Le traitement des gemmes sert à l’amélioration de celles-ci. Les principaux traitements constatés sur l’opale sont l’enfumage et la caramélisation. L’objectif de ces pratiques est de renforcer la visibilité du jeu de couleurs. La teinture de la couleur de fond de l’opale permettra le contraste souhaité.